Boris Beaude

Cultures, sociétés et humanités numériques

Recherches

Renouvellement des modalités pratiques de l'interaction sociale

Plus particulièrement sur la collaboration (crowdsourcing, crowdfunding, intelligence collective...), la gouvernance d'Internet (algorithmes, neutralité du net,...) et plus généralement le renouvellement des médiations sociales.

Potentiel des traces numériques

Plus particulièrement sur les enjeux épistémologiques, sociaux et politiques du renouvellement des conditions d'accès à la connaissance des pratiques individuelles et collectives.

Limites du Big Data

Plus particulièrement sur la résurgence des présupposés de la sociologie du XIX siècle (le positivisme, la physique sociale et les lois de l'imitation), ainsi que la cybernétique et le behaviorisme.

Visualisation de données

Plus particulièrement sur les enjeux de la visualisation de données complexes en sciences sociales et l'inscription de ces nouvelles productions dans une perspective plus élargie de la culture visuelle.

Analyse textuelle

Plus particulièrement sur les différentes modalités du distant reading, en encourageant la perspective exploratoire et multiscalaire, ainsi que l’explicitation des choix adoptés dans la réduction de la complexité inhérente à ce type de démarche.


Enseignements

Introduction à l’épistémologie du numérique

Ce cours vise à présenter et contextualiser les principaux concepts relatifs au numérique, en proposant d’inscrire les enjeux contemporains du numérique dans une perspective élargie susceptible de mieux éclairer les conditions de leur émergence, leurs actualités et leurs potentialités (détails ↓) .

Cet enseignement présente les enjeux contemporains relatifs au numérique en les inscrivant dans une perspective scientifique et historique susceptible de mieux en identifier la genèse, les potentialités et les limites. 

En particulier, cet enseignement propose une relecture des enjeux relatifs à la quantification, au positivisme, au réductionnisme ou à la physique sociale, afin de rendre plus lisible la puissance de leur réactivation avec les technologies contemporaines du numérique. 

La convergence de l’informatique et de la télécommunication, et le déploiement progressif de dispositifs techniques qui renouvellent significativement les médiations, ont effectivement transformé notre rapport à l’information, à son traitement, à sa visualisation, à son intelligibilité et à sa communication, ce qui exige de mieux comprendre les fondements de ce changement, tout en clarifiant les notions qui lui sont souvent associées (big data, distant reading, machine learning, black box, filter bubble,…). 

Cet enseignement questionne ainsi notre capacité à saisir en quoi le numérique constitue un moment particulier des conditions pratiques de l’intelligibilité, en soulignant systématiquement les contextes spécifiques de ses usages, jamais neutres, toujours sociaux et de plus en plus politiques.

Productions, circulations et usages des traces numériques

Ce cours vise à offrir aux étudiants une connaissance approfondie des traces numériques, en accordant une importance particulière aux modalités pratiques de leur production, de leur circulation et de leur usage, tout en soulignant les enjeux scientifiques, sociaux et politiques correspondants (détails ↓).

Les traces numériques sont appréhendées comme autant d'informations susceptibles d'informer les pratiques individuelles et collectives. Leur étude suppose d'identifier précisément les dispositifs techniques qui rendent possible leur production, leur circulation et leur usage. Une attention particulière est accordée à la déconstruction de ce processus selon l'ensemble des acteurs impliqués, tout en soulignant la pluralité des contextes, des intérêts et des enjeux que cela engage.

Afin de mieux comprendre à quel point ces traces posent des défis relativement inédits, non seulement aux sciences humaines et sociales, mais aussi aux activités qui exigent de caractériser les pratiques sociales (gouvernance, surveillance, marketing, communication...), l'accent est mis sur la diversité de ces traces, la complexité de leurs significations, et les enjeux sociaux et politiques associés. 

Cet enseignement articule des connaissances théoriques et pratiques, tout en illustrant le plus possible les notions abordées lors des séances avec l'actualité.

Enjeux sociaux et politiques d'Internet

Ce cours vise à offrir aux étudiants une connaissance approfondie des enjeux sociaux et politiques d’Internet (détails ↓).

L’interaction sociale, la constitution des identités, des cultures et des organisations sociales s’est ainsi déployée sur des distances de plus en plus importantes. Cet enseignement propose d’inscrire Internet dans le prolongement de cette histoire des médiations sociales, afin de mieux en saisir la singularité, l’efficience, mais aussi les vulnérabilités. 

Cet enseignement se divise en deux approches distinctes. La première, plus théorique, propose de situer les débats contemporains sur les enjeux sociaux et politiques d’Internet, dans le contexte plus général du changement des modalités pratiques de l’interaction sociale. En changeant profondément l’espace qui est entre nous, Internet crée de nouvelles relations et de nouvelles virtualités constitutives de nos existences, de nos coexistences et de nos existences à venir. 

Nous discutons successivement de nombreux enjeux, parmi les plus saillants, soulignant la pluralité des problématiques associées à l’émergence d’Internet, tout en rappelant à quel point il s’agit, essentiellement, de problématiques relationnelles, sociales et politiques. La dimension technique d’Internet est ainsi toujours située entre les intentions et les actions, comme dispositif, comme projet, en considérant son agentivité, mais aussi l’environnement qui la rend possible.

Publications

Re-médiations numériques

in Sociologie et Sociétés, 2018 (accepted).

La traçabilité sans précédent des pratiques sociales réactive des clivages qui ont divisé les sciences depuis le XIXe siècle. L’abondance des données et la puissance de leur traitement semblent fragiliser la sociologie, alors même que la physique ou l’informatique investissent activement ses problématiques de prédilection. La sociologie n’aurait plus le monopole du social, dont les relations ne seraient pas si singulières et pourrait faire l’objet de traitements éprouvés par les sciences de la nature.

Afin de mieux saisir les enjeux relatifs au déploiement des dispositifs numériques à l’ensemble des pratiques contemporaines, nous proposons de distinguer l’évolution des relations sociales, de l’observation de ces relations, de la production de connaissances et, enfin, de la production de sens, comme autant de « remédiations numériques ».
Nous n’assisterions ainsi pas tant à une crise de la sociologie empirique qu’à la résurgence de l’idéal d’une physique sociale opposant aux qualités de l’interprétation la puissance de l’efficience. En faisant l’économie de plus d’un siècle de sciences sociales, ce projet promu par une science sociale computationnelle entretient pourtant de nombreux malentendus et une négligence surprenante de la réflexivité, récusant activement le propre de l’humain au profit de lois supposées universelles.

Mapping Scientific Practice of Academic Organizations though Affinities

in Frontiers in Research Metrics and Analytics, 2018.

avec Dario Rodighiero* et Frédéric Kaplan.

Scholarly affinities are one of the most fundamental hidden dynamics that drive scientific development. Some affinities are actual, and consequently can be measured through classical academic metrics such as co-authoring. Other affinities are potential, and therefore do not leave visible traces in information systems; for instance, some peers may share interests without actually knowing it. This article illustrates the development of a map of affinities for academic collectives, designed to be relevant to three audiences: the management, the scholars themselves, and the external public.
Our case study involves the School of Architecture, Civil and Environmental Engineering of EPFL, hereinafter ENAC. The school consists of around 1,000 scholars, 70 laboratories, and 3 institutes. The actual affinities are modeled using the data available from the information systems reporting publications, teaching, and advising scholars, whereas the potential affinities are addressed through text mining of the publications. The major challenge for designing such a map is to represent the multi-dimensionality and multi-scale nature of the information. The affinities are not limited to the computation of heterogeneous sources of information; they also apply at different scales. 

Topographies réticulaires

in Réseaux, nº195, 2016, pp. 53-81.

avec Nicolas Nova.

Comprendre l’hésitation entre les représentations topographiques et les représentations topologiques de l’espace suppose de mieux concevoir l’espace. En soulignant à quel point l’espace est essentiellement relationnel et relatif, les approches positionnelles et absolues de l’espace se révèlent n’être que des points de vue particuliers, dont l’effet de réel ne peut être entretenu que par la stabilité relative des entités considérées. En prenant l’exemple des traces numériques utilisées pour produire des représentations renouvelées des pratiques urbaines, cet article propose de souligner à quel point les pratiques spatiales sont elles-mêmes essentiellement relationnelles, par quels moyens les cartes reproduisent des illusions de territoire là où il n’y a pourtant que du réseau, et quels peuvent être les enjeux de telles représentations dès lors qu’elles sont mobilisées dans l’action.

Les virtualités de la synchorisation

in Géo-Regards, nº7, 2015, pp. 123-143.

Cet article propose d’inscrire la mobilité dans une problématique plus générale de l’action
afin de mieux identifier les enjeux relatifs à l’évolution des technologies de transmission
numérique. Cette articulation entre mobilité et télécommunication est développée autour de la
notion de synchorisation, présentée comme le processus par lequel la distance devient moins
pertinente. La synchorisation de l’information, c’est-à-dire l’augmentation de son
accessibilité, accroît effectivement la visibilité de notre environnement, comme autant de
virtualités dont l’actualisation est facilitée, et dont la maîtrise constitue un enjeu de plus en
plus important.

En insistant particulièrement sur les puissantes logiques de centralisation de la
visibilité, cet article propose de considérer avec plus d’acuité les conditions de production, de
communication, de traitement et de valorisation de l’information spatiale. Lorsque le Monde
devient un lieu pour l’information, lorsque la circulation de l’information est globale, la
tension entre la démultiplication des virtualités de l’action et l’exposition de soi est en effet
totale, au point de produire un monde dont la politique reste à inventer.

Synchorisations réticulaires

in Valérie Schafer (dir.), Temps et temporalités du Web, Presses Universitaires de Paris Ouest (PUPO), Paris, 2018, pp. 153-172.

En un quart de siècle, le Web s’est imposé comme une médiation d’une rare puissance. Comprendre à quel point le Web est non seulement une technique, mais aussi un espace, permet de mieux caractériser les enjeux relatifs à son déploiement, à son partage et à sa gouvernance. Le Web est un lieu du Monde, complexe, fragile et toujours en devenir.

Aussi, comme tout espace, le Web a une histoire, un présent et un avenir. Il est passé de l’utopie à la politique. Le Web s’inscrit en cela dans un long processus de synchorisation, commencé avec la roue, l’écriture, l’imprimerie, le train ou le télégraphe, par lequel nos existences deviennent communes. Le Web participe en cela d’un réagencement puissant de la place relative des choses, soulignant à quel point il est politique.

Spatialités algorithmiques

in Marta Severo et Alberto Romele (dir.), Territoires et traces numériques, Presses des Mines de Paris, Paris, 2015, pp. 135-162.

Les traces numériques sont éminemment spatiales. Elles rendent compte de la dimension spatiale de l’action, comme autant de témoignages de ce qui a lieu. Plus que l’espace, ce sont d’ailleurs les spatialités qui intéressent les sciences sociales, c’est à dire non seulement « les caractéristiques de la dimension spatiale d’une réalité sociale », mais aussi « l’ensemble des actions spatiales réalisées par les opérateurs d’une société ». Car, toujours, nous faisons avec l’espace.

En nous informant sur ce qui fut, les traces numériques nous informent aussi sur ce qui est en puissance. La virtualité recouvre ici toute sa portée, celle du monde en devenir, et non celle de l’artificialité ou de l’irréalité. Les traces numériques nous informent sur ce qui a lieu, sur les pratiques spatiales individuelles, sur la spatialité d’une société. Et, de plus en plus, quelle que soit notre action spatiale, territoriale ou réticulaire, dans la rue ou sur Internet, nous laissons des traces de notre passage.

De quoi Wikipédia est-elle le lieu ?

in Lionel Barbe, Louise Merzeau and Valérie Schafer (dir.), Wikipédia, objet scientifique non identifié, Presses Universitaires de Paris Ouest (PUPO), Paris, 2015, pp. 41-54.

La démocratie, mais aussi la science, ont certainement beaucoup à apprendre de ce qui semble être la manifestation contemporaine la plus éminente des valeurs de l’humanisme. Wikipédia est en effet le lieu d’une expérience politique inédite, dont l’intensité et l’ouverture engagent à considérer avec beaucoup d’attention les valeurs et les normes qui s’y déploient. Wikipedia est un lieu qui permet la collaboration d’un nombre considérable d’individus sans a priori de leur légitimité et de leur compétence. Un tel lieu n’était pas possible il y a à peine une trentaine d’années.

Or, cette spatialité spécifique recompose profondément la régulation de l’espace. Elle constitue un exemple significatif du potentiel des individus à organiser ensemble l’avenir d’un bien commun. Ce que Wikipédia parvient à réaliser sur des sujets parmi les plus sensibles, comment pourrions-nous le transposer à d’autres enjeux de société qui exigent sensiblement les mêmes qualités d’ouverture et de mobilisation ? Il est temps de ne pas seulement évaluer Wikipédia à l’aune des théories existantes, mais de renouveler judicieusement ces dernières à l’aune des pratiques inédites qui ont lieu au sein de cet espace.

From Digital Footprints to Urbanity. Lost in transduction.

in Jacques Lévy (dir.), Cartographic Turn, Routledge, Londres, 2016, pp. 273-297.

On the trail of Italo Calvino’s Invisible Cities, we must recognize the multi-faceted nature of a given urban space, establish a link between individual practices and the city as a whole, explore the non-hierarchical relationship between ideal and material realities and, finally, shed light on the decisive nature of the city’s selfvisibility.

In 1972, when the work was first published, such complexity was hard to comprehend, other than through literature. Fastidious and expensive studies were needed to perceive individual desires, representations and perceptions of specific parts of a city. Nowadays, however, we could say that things have changed significantly.

The proliferation of digital footprints gives us a unique opportunity to make discreet practices more visible. Through their aggregation and recurrence, these original data provide evidences of the city in the making. Like memories from the digital devices we use, these tracks reflect an increasing part of our spatialities.

Such a purpose is sensitive and includes many challenges, particularly for the social sciences, which effectively are not disposed to using such ‘unusual’ data.

La vulnérabilité réticulée

in Amaël Cattaruzza and Didier Danet (dir.), La cyberdéfense. Quel territoire, quel droit ?, Economica (Cyberstratégie), Paris, 2014, pp. 60-70.

En plus d’une apparente généralisation de cette vulnérabilité inédite, les attaques informatiques sont d’autant plus déstabilisantes qu’elles reposent sur les propriétés spécifiques des réseaux de télécommunication numériques, qui se distinguent très significativement d’autres formes de vulnérabilité plus conventionnelles pour lesquels des dispositifs techniques spécifiques furent développés.

En particulier, la frontière semble être particulièrement affectée par ce type d’attaques. Elles s’appuient en effet sur un système technique qui n’est structurellement pas conforme au découpage territorial du Monde selon les États-nations. En changeant l’espace, Internet a en effet démultiplié les relations entre des espaces autrement disjoints, créant du contact où il y avait de l’écart. En faisant du Monde un lieu, ce sont les lieux du Monde qui se trouvent affectés par le risque d’être vulnérables à des atteintes réticulaires à leur intégrité.

Dès lors, quel peut être l’espace légitime du politique susceptible d’organiser la spatialité spécifique d’Internet ? Cet espace présente certes des opportunités remarquables pour l’humanité, mais il réduit tout autant la souveraineté et la maîtrise de ses composantes particulières.

Le local à l’épreuve d’Internet

in Frank Cormerais & Pierre Musso (dir.), La société éclatée : Le retour de l’objet local, Editions de l’Aube, La Tour d’Aigues, 2014, pp. 67-81.

L’émergence du Monde comme espace pertinent pour l’humanité n’est pas contradictoire avec l’existence d’autres échelles signifiantes pour penser et organiser la coexistence. L’espace est partout, ce qui souligne les enjeux de l’ubiquité, mais tout est quelque part, ce qui souligne les enjeux de la localité. C’est l’articulation entre l’espace existentiel des individus et l’espace fonctionnel des sociétés qui est au coeur de la force et de la faiblesse du local. La mondialité ou la localité ne sont que deux idéaux types qui, séparément, sont porteurs de deux idéologies particulièrement puissantes, mais contradictoires et insuffisantes.

L’émergence d’une société d’individus s’accompagne effectivement de multiples recompositions des nous, du local au mondial, dont l es intrications s’inscrivent dans des habitus sociaux puissants qui résistent inégalement à l’émergence d’un nous mondial . Faire du Monde un lieu, une localité pour l’humanité est un projet largement engagé. Faire du local un lieu est en revanche une histoire dépassée. Penser le Monde contemporain consiste en cela à penser la pluralité des coexistences entre les individus et le Monde, à accepter la pluralité des localités et à concevoir le local comme ce qui fait lieu dans un contexte particulier.

Les jeux vidéo comme espace de médiation ludique

in Samuel Rufat et Hovig Ter Minassian (dir.), Espace et Temps du jeu vidéo, Questions théoriques (Lecture>Play), Paris, 2012, pp. 28-52.

Réalisme, ludisme, visualisation, connexion, interaction et hybridation, ensembles, contribuent à la qualité de l’espace du jeu, de ses virtualités et de sa spatialité. Mathieu Triclot, dans sa Philosophie des jeux vidéo, parle des jeux comme « expérience instrumentée », insistant sur la relation entre le jeu et le joueur qui en active les potentialités et se revendiquant en cela plus de ce qui seraient des play studies plutôt que des games studies. 

En insistant sur les régimes d’expériednce du jeu, c’est bien de l’expérience de ces espaces dont il est question. Ce constat, s’il est vrai pour les jeux offline, l’est plus encore avec les MMOG qui, pour la plupart, exigent l’apprentissage de codes et de compétences qui ne peuvent faire l’économie d’une immersion significative du joueur. De plus en plus, ce sont des espaces à habiter qui ont leurs codes et qui exigent des compétences spécifiques pour s’y sentir bien et faire avec l’espace qui est proposé au joueur. 

Espace de la carte, espace de la ville. Des analogies à la coexistence

in Actes du colloque Hyperubain 2, Europia, Paris, 2010, pp. 15-39.

Ces cinq dernières années, les pratiques cartographiques ont été profondément renouvelées et se sont en grande partie concentrées au sein des grandes métropoles. La carte y était généralement présente dans le métro, dans la rue (mobilier urbain) ou dans les guides. Elle est à présent sur Internet et par continuité sur les téléphones mobiles adaptés, accompagnant les individus dans leurs déplacements.

Augmentée des moyens de l’égocentrer, de la
télécommuniquer et de la coproduire, la carte devient un objet plus complexe, dont le rôle et la responsabilité ont changé. Considérer le rôle de la carte, son évolution récente et les enjeux correspondants permet de prendre la mesure des opportunités et des défis de l’environnement urbain contemporain.

La carte est plus que jamais une remarquable technique spatiale qui peut être mobilisée avantageusement dans la mobilité et dans l’aménagement des espaces les plus complexes. Ainsi augmentée, la carte a cependant rarement autant entretenu l’illusion de son analogie avec l’espace dont elle est la représentation, au risque de façonner la ville à son image, aussi trompeuse soit-elle.

Ouvrages

The Ends of the Internet (2016)

Institute of Network Cultures, Amsterdam, 2016.

The ends of the Internet - Cover

The Ends of the Internet is an investigation into all the reasons why the Internet, which has been with us for over thirty years, is now on the verge of disappearing. Originally conceived as a space of freedom, the Internet has become the world’s largest panopticon and freedom of expression is subject to surveillance and supervision on an unprecedented scale. The utopian theories of collective intelligence have been undermined by a growing tendency towards commercial exploitation. A small group of companies profit from the majority of online activities. Even the robustness of the Internet itself is now at stake, with vulnerabilities increasing and many organizations, governments and individuals targeted by malicious cyber attacks.

Drawing upon critical insights on a range of current issues such as surveillance, NSA and privacy, Boris Beaude demonstrates that the Internet should no longer be considered a neutral or secure support. Beaude also formulates new proposals for enabling the Internet to survive the clash of special interest groups and remain a truly global space of freedom.

Traduction de Les fins d’Internet par Patrice Riemens, à l’initiative de l’Institute of network cultures.

Les fins d’Internet (2014)

FYP éditions, Limoges, 2014.

Les fins d'Internet - Cover

Internet change la société et la société change Internet. À présent, les sociétés contemporaines doivent s’engager dans un vaste débat pour discuter de ce qui convient dans cet espace renouvelé, pour établir les règles de coexistence qui permettront d’accueillir les nombreuses pratiques qui émergent. Une politique légitime doit arbitrer les possibles pour que cet espace devienne lui aussi légitime. Sans cela, Internet sera détruit par des revendications contradictoires. Puisse ce livre aider à ce qu’Internet survive aux intérêts particuliers. Puisse ce livre contribuer à ce qu’Internet reste un espace mondial pour l’humanité.

Internet, changer l’espace,
changer la société (2012)

FYP éditions, Limoges, 2012.

Internet, changer l'espace, changer la société - Cover

Avec Internet, l'espace a tant changé que la société est animée d'un mouvement dont la dynamique est peu lisible, car peu familière. Nier la réalité et la spatialité d'Internet expose à la déréalisation de nombre d'actions qui contribuent remarquablement à l'évolution du Monde contemporain. Et c'est ce Monde que nous risquons de ne plus comprendre, empêtré dans un matérialisme qui confond le réel et le matériel, l'espace et le territoire. Accepter cette spatialité singulière engage, en revanche, à en identifier les qualités, avant de se donner les moyens d'en comprendre les incidences particulières. Car les virtualités d'Internet sont tout autant porteuses d'asservissements que de libertés. Internet sera ce que l'on en fait. Puisse ce livre apporter un peu de lumière sur cet espace émergent, dont les possibles engagent à ne pas se tromper de chemin.

Projets

WikiMaps (2016…)

Ce projet exploratoire souhaite prolonger les initiatives qui ont concouru à rendre Wikipédia plus accessible et plus intelligible, en simplifiant l’exploitation de son potentiel par les chercheurs en SHS.

En particulier, ce projet porte sur la valorisation des traces de consultation des pages, comme autant d’actes élémentaires qui participent des attentions collectives et nous informent de ce qui suscite de l’intérêt. En considérant plus spécifiquement les langues, le temps et l’espace, il est ainsi possible de mieux caractériser les régimes d’attentions et la mondialité relative des faits sociaux (attentats, élections, théories du complot, controverses, événements sportifs ou culturels…).

Il a été réalisé avec Ogier Maitre (EPFL). Ce projet est en cours de développement. Il est présenté sur un site, mais son utilisation est limitée. Il peut être présenté sur demande.

Affinity Maps (2014…)

Affinity Maps fut développé dans le cadre d’une réflexion du décanat de la Faculté d’environnement architectural et construit de l’EPFL.

Ce projet, dont la version privée est finalisée, propose une lecture multidimentionnelle des affinités entre laboratoires de recherche, selon les pratiques d’enseignement, de supervisation d’étudiants et de publication scientifique. Affinity Maps traite aussi la proximité sémantique des laboratoires, afin de qualifier plus précisément les proximités.

Cet projet permet de mieux saisir la dynamique de la Faculté tout en valorisant l’ensemble des collaborateurs qui contribuent à l’activité des unités de recherche.

Il a été réalisé avec Dario Rodighiero (EPFL), Ogier Maitre (EPFL) et Frédéric Kaplan (EPFL).

Les données de ce projet étant sensibles, le site n’est pas encore accessible publiquement. Affinity Map est néanmoins présenté dans le cadre d’une publication et à fait l’objet de la thèse de doctorat de Dario Rodighiero.

Commuting Scales (2011)

Ce projet propose une exploration interactive de l’accessibilité aux campus de l’EPFL en voiture et en transport public.

Il a nécessité plus de 100000 requetes auprès des services de TomTom (pour un temps réaliste en voiture) et des CFF (pour les transports publics). Ce projet a été finaliste du prix de géovisualisation du Festival International de Géographie et à été présenté à l’AAG en 2011.

Il a été réalisé avec Luc Guillemot (EPFL - Interactive Things)

Mainstream (2016)

Ce projet explore l’environnement sémantique de la revue Antipode, en représentant la relation entre les mots les plus représentatifs de cette revue, dans le contexte particulier des revues les plus influente en Géographie.

Ce projet exploite le texte intégral de l’ensemble des articles de ces revues sur 10 ans (2005 à 2015), soit plus de 6000 articles et près de 35 millions de mots.

Pour cela, une déclinaison de TF-IDF a été utilisée pour la métrique, et Force Directed Graph pour la visualisation. Ce projet utilise D3.js, Node, MongoDB et Java.

Il a été réalisé avec Ogier Maitre (EPFL).

Topographies réticulaires (2015)

Ce projet est un complément à l’article « Topographies réticulaires » soumis à la revue Réseaux en juillet 2015.

Un site présente des éléments complémentaires à l’article, et permet entre autres de consulter les images utilisées, les images produites ainsi que la source du code Python (peu de choses).

Ce projet utilise comme source deux projets d’Eric Fisher : Languages on Twitter et Mobile Devices + Twitter Use, eux même issus du projet plus général Six billion tweets.

Ces images ont été utilisées pour créer deux représentations de la densité et la diversité de l’agglomération parisienne.

Il a été réalisé avec Nicolas Nova (HEAD)

Dialogos (2006-2008)

Ce projet est l’un des plus ancien. Il permet d’explorer l’environnement sémantique de quelques quotidiens francophones, anglophones et hispaniques : Le Monde, Libération, Le Figaro, New York Times, Washington Post, Guardian et El Pais.

Il exploite près de 220000 articles sur près de 3 ans. Il a été réalisé en PHP.

Présentation sur demande. Ce site n’est pas prévu pour un usage public.

Actualités

No-Flux

Ce blog présente une sélection de l’actualité. Il s’agit essentiellement d’extraits non commentés, qui font l’objet d’un traitement développé lors des enseignements.
Les sujets traités s’inscrivent plus généralement dans le programme du master en humanités numériques de l’UNIL.